On vous emmène ! TRAM s’occupe de tout et vous invite à une promenade artistique à chaque fois différente. Avec TaxiTram, vous partez en autocar à la découverte de la création contemporaine dans deux lieux du réseau TRAM et partagez de véritables instants privilégiés avec les artistes, les commissaires d’exposition et les équipes des lieux visités.
Les expositions au programme :
Dioramas Hélène Singer
Immanence, Paris (15 e )
« Ma série photographique de dioramas consiste à créer des installations éphémères de faux décors naturels dans lesquels j’insère des animaux naturalisés, que je prends ensuite à la chambre photographique (datant de 1910). Elle soulève la question du simulacre, de l’artifice, du figé et du mort, à la fois en photographie et en taxidermie, faisant un lien entre ces deux pratiques. Elle interroge surtout notre rapport socio-politique actuel au vivant et à l’animal en particulier, dans notre monde bouleversé par le changement climatique.
Je déplace cette pratique muséale du 19ème siècle de biotopes en carton-pâte qui avait d’abord une fonction scientifique (celle de faire état de la faune à un instant T) dans l’espace du studio photo. Cette reconstitution artificielle de scènes animalières « prises sur le vif » résonne de manière particulière aujourd’hui, où les espèces animales s’éteignent de plus en plus rapidement. La nature, condamnée pour certains à disparaître, deviendra-t-elle en soi un objet muséal ?
Alors même que la taxidermie est devenue répulsive pour de nombreuses personnes, les dioramas font toujours l’objet d’une grande attractivité, comme à l’American Museum of Natural History de New-York. Mes photographies interrogent ainsi notre perception des animaux et notre rapport actuel complexe à l’animalité.
Empreinte d’une certaine mélancolie liée au souvenir et à l’enfance, je développe une esthétique décalée (en surjouant l’aspect faux fond) et poétique. La prise de vue à la chambre photographique en bois, au-delà d’un hommage aux techniques scientifiques anciennes, apporte une douceur et un floué pictural à l’arrière-plan. Comme de nombreux photographes contemporains faisant appel à des procédés anciens, je m’engage dans une constitution « physique » de l’image (par création d’un négatif sur papier photosensible). Si les dioramas muséaux ont une fonction de « conservatoire du vivant », mes dioramas pourraient aussi être considérés, de manière décalée, comme un « conservatoire de la technique ancienne » : « Le fait main d’une partie de la photographie contemporaine est une manière de performer la photographie classique, de la rejouer en produisant ainsi un phénomène en apparence paradoxal : devenir le conservatoire de la photographie classique. » (Michel Poivert).
Entre reconstitution et fantasme, simulacres de territoires naturels et « momification » du vivant, mes dioramas contemporains interrogent d’abord l’évolution de notre regard porté sur la nature, modifiée par les changements climatiques qui mettent en péril l’équilibre de la faune et de la flore. Les photographies de ma série de dioramas sont toutes prises avec une chambre. »

Jardiner les seuils
École et Espace d’art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge (91)
Jardiner les seuils propose d’explorer l’espace du jardin comme une extension naturelle du lieu d’exposition, un territoire de passage, de porosité et de transformation. Le « seuil » y est pensé comme un espace intermédiaire, un point de bascule entre dedans et dehors, culture et nature, visible et sensible.
Pour Léonard Nguyen Van Thé, le seuil interroge les frontières de la perception : où commence le jardin, où finit la nature ? Son travail au sein du jardin sera centré sur le rosier, explorant les lisières entre formes domestiquées et formes sauvages.
Chez Julie Genelin, le seuil devient un espace de relation, un lieu d’interaction entre l’artiste, le public et le vivant, au moyen de la poésie des mots et de celle du réel.
Emma Bourgin, quant à elle, s’intéresse aux phénomènes de porosité entre les temporalités, aux états de la matière et à leurs métamorphoses, révélant une sensibilité au vivant qui traverse les formes, les rythmes et les cycles.
À l’occasion de l’exposition de printemps, les trois artistes sont invité·es à investir à la fois la galerie et le jardin, où leurs interventions se déploieront et évolueront au fil de la saison.
Eternal Sunshine
Galerie municipale Jean-Collet, Vitry-sur-Seine (94)
La Galerie municipale Jean-Collet ouvre sa nouvelle saison avec Eternal Sunshine, une exposition réunissant les artistes Marine Zonca et Audrey Prédhumeau. Conçu comme un véritable « palais de mémoire », ce duo show propose une immersion dans un espace sensible où réminiscences, perceptions troublées et sensations diffuses se répondent.
À travers des œuvres inédites, les deux artistes explorent les zones où rêve et réalité se confondent. Ces visions persistantes derrière les paupières closes, la lumière, la chaleur du soleil, les souvenirs qui remontent : Eternal Sunshine met en scène une mémoire mouvante, instable, qui se transforme, se déforme et s’enrichit parfois des récits des autres.
L’exposition invite ainsi le public à traverser un territoire intime et partagé, où chacun peut reconnaître ses propres traces, ses propres lumières.
Informations pratiques :
Si vous rencontrez des difficultés le jour de la sortie, merci de nous joindre au 07 65 89 73 36.
Rendez-vous à 13h30 devant Immanence.
Adresse : 21 avenue du Maine, 75015 Paris
Accès : Métro lignes 4, 6, 12 et 13 (Montparnasse, sortie n°2 ou Falguière)
À votre arrivée sur place, merci de venir rencontrer l’équipe de TRAM afin qu'elle note votre présence.
Le TaxiTram se termine vers 18h15 à l'issue de la visite à la Galerie municipale Jean- Collet.
Adresse : 59 avenue Guy Môquet, 94400 Vitry-sur-Seine
Accès : T9 (Mairie de Vitry-sur-Seine ou MAC VAL) puis M7 ; RER C (Vitry-sur-Seine)
L’heure de fin est approximative et susceptible d’évoluer au cours de l’après-midi.
Renseignements en amont de la sortie : 07 65 89 73 36/ taxitram@tram-idf.fr