Stéréotypes et « je » de miroir.
Séverine Lhez

De son expérience avec les gens du voyage, Séverine Lhez, enseignante à l’IUT Paris V (Carrière Sociale) tire une réflexion riche sur les questions d’interculturalité et de médiation culturelle.

Lors des sessions de formation que propose Cultures du Cœur cette expérience de terrain a tout particulièrement retenu l’attention des travailleurs sociaux qui accueillent des primo-arrivants et des populations étrangères.

Ici encore nous parlions des représentation de chacun, de valorisation de la culture de l’autre, de dépassement des a priori et des appréhensions pour travailler sur la sortie culturelle en tenant compte des origines et de l’histoire des publics concernés.

Stéréotypes et « je » de miroir.

Durant six années, j’ai, à double titre, travaillé avec les populations « tsiganes
1 ». D’une part, en tant que chargé de projet à la Mission Locale du Delta (Arles, Bouches du Rhône), j’avais en charge d’aider à l’insertion des jeunes « tsiganes ». D’autre part, en tant que responsable de l’association Yaka de Gitana (association arlésienne d’aide à l’interaction entre tsiganes et non tsiganes), nous avons contribué à la mise en place d’actions globales avec les familles tsiganes.
Identifiée comme médiatrice j’ai donc eu à interroger le concept de médiation. De quoi et de qui parlait-on ? D’un « Tiers impartial et indépendant 
2  » ? De « Passerelles entre collectivités locales et…familles tsiganes (qui) […] limite les logiques d’exclusion parfois mises en oeuvre3 » ? D’un «Projet permettant […] aux personnes de se construire comme acteur 4 » ?


Certainement ! Mais, plus encore ma fonction présupposait l’action partenariale. A cette définition, j’ajouterais donc celle de fédérer les institutions autour d’un projet commun
5.

Aussi évident que cela puisse paraître en théorie, la pratique s’est avérée plus complexe.

Considérée comme unique interlocutrice, cette place visualisait, interrogeait et se confrontait au champ d’action, de connaissance et de reconnaissance de chacun. Beau piège que celui-ci s’il n’est jamais désamorcé. Par ma position, j’étais identifiée comme une interface « efficace », sollicitée tant par les familles, les institutions que les médias. Détentrice d’un savoir dit « particulier », j’étais interpellée, encensée ou décriée, mais dans tous les cas, connue et reconnue.

Parce que femme,
6 cette reconnaissante avait d’autant plus de sens que selon Bourdieu7, nous sommes « Séparées des hommes par un coefficient symbolique négatif8». Pour être reconnues comme professionnelles, nous devons oeuvrer pour sortir de la dépréciation à laquelle nous sommes renvoyées et pour cela, prouver sans cesse nos capacités.

Dès lors, en choisissant le terrain des tsiganes et leurs panels de stéréotypes, je devenais « courageuse», « forte » et « unique ». Renversant les schémas pré-établis, j’entrais avec délectation, dans le champ de la reconnaissance.

En conséquence, si l’objet officiel de mon engagement restait la quête d’une interaction entre tsiganes et non tsiganes, l’officieux pouvait se réduire à la construction d’une identité sociale. Difficile, en effet, de renoncer à la lumière des projecteurs lorsqu’ils nous éclairent, nous identifient et parfois même nous animent. Aux prises d’un jeu de pouvoir, ce champ d’action peut devenir notre près carré. Protégé comme une forteresse, l’autre ne peut y pénétrer sans autorisation.

L’essence de nos actions censée recréer du lien se voit alors affecté ce désir d’appropriation qu’elle met en exergue. Et les stéréotypes retrouvent ici tout leur sens. Ils cautionnent, légitiment et protègent notre position. Il n’en reste pas moins qu’ils génèrent le dénie de l’individu, en déforment l’image et perturbent la relation.

Pour exemple, au cours des projets mis en oeuvre
9, j’ai constaté que les participants répétaient inlassablement : « je suis un être humain comme les autres ». Simplicité redoutable que cette allégation qui n’en reste pas moins porteuse de sens. Selon moi, les personnes s’expriment ainsi pour s’opposer au regard stigmatisant que nous leur portons. Intégrées dans une vision globalisante, elles réaffirment leur individualité non plus uniquement assimilée à la « communauté » mais dissociable d’elle.

Affirmation qui renvoie à la stigmatisation lorsqu’elle touche la personne et « sa communauté d’appartenance ». Goffman dans Stigmate, les usages sociaux des handicaps
10, écrit à ce sujet : «  le mot stigmate servira…à désigner un attribut qui jette un discrédit profond, mais il faut bien voir que c’est en terme de relations et non d’attributs qu’il convient d’en parler11 ». S’il en distingue trois nous n’en retiendrons qu’un, celui dit « des stigmates tribaux que sont la race, la nationalité…qui se transmettent de générations en générations et contaminent également tous les membres d’une famille12 ». Il s’agit là non plus d’un stigmate individuel mais collectif dont peut être affublé l’ensemble d’une communauté et dont les « Tsiganes » sont le parfait reflet.

Il explique ensuite :
« les attitudes que nous les normaux, prenons vis à vis d’une personne affligée d’un stigmate…sont des réactions de bienveillance sociale destinée à adoucir et à améliorer. Il va de soi que, par définition, nous pensons qu’une personne ayant un stigmate n’est pas tout à fait humain. Partant de ce postulat nous pratiquons toutes sortes de discriminations, par lesquelles nous réduisons efficacement même si c’est souvent inconsciemment, les chances de cette personne…(et) cela implique à nos yeux de (la) traiter comme quelqu’un de mieux qu’(elle) n’est peut-être ou de pire qu’(elle) n’est probablement13 ».

Nous entrons là de plein pied dans le vif du sujet. Lorsqu’un acteur de l’insertion rencontre un « Tsigane », il le perçoit non plus comme un individu mais comme un être marqué des stigmates de sa communauté. Assimilé dans un Tout communautaire, il le prive, en partie, de ses attributs.

Oscillant entre stigmatisation et refus du processus, il regarde l’autre au travers du prisme de la « Gitanisation ». Oublieux de l’individu qui le regarde il amoindrit ses chances de réussite.

Le duo « Tsiganes et non Tsiganes » permet plus que d’autres cette chorégraphie quasi magique. Alternant entre fascination et répulsion. « Tsiganes» et « non Tsigane », dansent autour du feu de la culpabilité et de la culpabilisation. Ils négocient les images prédéfinies. Ils s’inscrivent dans une relation mue par le rejet, l’apprivoisement et la reconnaissance.

Preuve en est les propos de P. Williams, grand spécialiste de la question :
« …Les Roms n’introduisent pas comme cela un « Gadjo » (un « non Tsigane ») chez les autres Roms….La patience, la régularité des visites, la longueur des stations, l’absence de brusqueries dans la curiosité permettront de devenir cette exception : un « gadjo » avec lequel on n’agit pas comme les autres…14 ». A la lecture de ces mots, je me suis demandée de qui il s’agissait ? Ces quelques lignes cautionnaient l’idée d’un univers inaccessible. Elle renforce la représentation selon laquelle il faut au chercheur une force quasi-surnaturelle pour se faire accepter dans l’univers « mystérieux » de la « Tsiganité ».

Comme l’affirme Goffman, l’une des personnes de qui l’individu stigmatisé peut attendre un certain soutien est un « initié ». Autrement dit :
«Il arrive qu’avant de se ranger aux côtés d’une catégorie de stigmatisés, l’individu normal, mais bientôt initié, ait à traverser des expériences bouleversantes…Puis une fois qu’il s’est ouvert aux stigmatisés, le sympathisant doit souvent attendre que ceux-ci l’admettent en leur sein en qualité de membre honoraire. Il ne suffit pas d’offrir son moi, encore faut-il qu’on l’accepte15 ».

Restant dans cette logique de penser, « le Gitanisé » admis dans le monde de la « Gitanité », aura intérêt à ne jamais concéder le trône sur lequel il est assis. Important pouvoir que celui d’occuper la place d’honneur dans cette espace tenu pour inaccessible.

Il se peut alors que nous restions sur une vision erronée parce qu’elle protège notre champ d’intervention. Plus perverse encore dans le champ de l’insertion, elle maintient la personne demandeuse à l’état de victime et non d’acteur.

De là à en devenir propriétaire il n’y a qu’un pas aisément franchissable et souvent franchi.

J’ai nombre de fois entendu « mes gitans », « mes manouches » faisant de l’autre un objet d’appropriation et par voie de conséquence de légitimation.

Plus encore, lorsque j’étais conseillère en insertion, un jeune « Rom » est venu me voir pour entrer en formation. N’ayant jamais été scolarisé, je lui ai proposé une orientation vers une mobilisation dite spécifique. Les modes d’apprentissages semblaient, en effet, adaptés à sa situation. Au préalable, je me suis néanmoins beaucoup interrogée. Je pensais d’une part, qu’il n’y parviendrait pas et d’autre part, qu’il comprenait mal ce que je lui disais. Les professionnels qui m’entouraient me confortèrent dans mes doutes. Malgré tout, nous avons décidé le jeune et moi-même de tenter l’expérience.

Je fus surprise de voir qu’il y arrivait parfaitement. Il avait un comportement exemplaire auprès de tous les autres jeunes. Il faisait preuve d’une ponctualité et d’une régularité quasi parfaite. Aveuglée par une vision stigmatisante, j’éprouvais des difficultés à penser qu’il pouvait, du fait de sa condition, affirmer et assumer ses choix.

Ce jeune, que je connaissais pourtant depuis de nombreuses années, avait en un instant remis en question mes modes de perception. Il interrogeait le sens de mes pratiques. Il ne se positionnait pas comme le fruit d’une soit-disante communauté mais comme personne à part entière avec ses potentialités.

Ainsi maintenant l’autre à l’état affligeant de stigmatisé, nous gardons sur lui une influence soit-disant bénéfique. Il est, en effet : « 
gratifiant d’être le recours de tout le monde, on règne en douceur comme une mère qui allaite trop d’enfants, délicieusement épuisée mais ayant toujours de quoi16. »

A travers cette position, je deviens donc incontournable et indispensable au quidam souhaitant rencontrer la communauté. Fait plus grave, je pose consciemment ou inconsciemment, des obstacles au parcours professionnel du jeune considéré. Je le fige dans une situation qui, si elle le dessert, n’en reste pas moins utile à mes intérêts. Enfin, forte d’une légitimité acquise à force de persévérance, encensée par mes « pères Tsiganes », j’accomplis avec succès le processus expiatoire ouvrant la porte des voies célestes.

Jeux de stéréotypes : du « je au nous ».

Ces réflexions transposées sur un autre champ d’analyse, interrogent les stéréotypes dans leur fonctionnalité.

Ce chemin de « Résurrection » me ramena curieusement à l’essence même du travail social qui, entre les XIème et XIIIème siècles, considérait la pauvreté comme un moyen de se rapprocher de Dieu. L’église jouait alors un rôle de médiation entre les donateurs et les bénéficiaires et les donateurs et le « Ciel ». En l’absence de protection sociale, la pauvreté était une menace qui pesait sur tous, chacun pouvant se retrouver invalide ou orphelin
17. «  Les aumônes avaient la fonction magique d’apaiser le destin 18».

Cette allégation raisonne avec les légendes relatives à l’arrivée des tsiganes sur notre territoire. Ils se transforment instantanément en parfait outil d’accession à la divinité. L’histoire raconte, en effet, que lorsqu’ils apparaissent en Europe, « ils se présentent comme repentis ou pénitents…source de bienveillance et de charité chrétienne19.». C’est par ce rituel expiatoire que l’un conquière le paradis tandis que l’autre lui sert de marche pied.

Au cœur des mythes fondateurs, chacun entend en l’autre cette rythmique mystique dont les temps et contre temps renvoient à la genèse d’une humanité à racheter.

En outre, cette vision déclinée autrement et appliquée au champ de la politique de la ville conserve toute sa force.

Il est, en effet, intéressant de constater que
« la plupart des habitants qui vivent en situation de pauvreté sont d’abord « ciblés » par des politiques sectorielles, catégorielles et restent le plus souvent « objet » des politiques sociales. Ces logiques de « traitement de la pauvreté » tendent à ne pas reconnaître les personnes en tant qu’acteurs et encore moins en tant qu’acteurs compétents du territoire…La forme et la substance de ce type d’action…Ont pour conséquence d’identifier les personnes…en tant que membres d’un groupe caractérisé par la pauvreté …Ces personnes se trouvent alors épinglés à des représentations négatives mais de plus, elles voient leur sentiment d’isolement renforcé20 ».

Il s’agit non plus ici de gagner sa place au paradis mais de légitimer l’exclusion en vue de contribuer au maintien d’un équilibre social donné.

Nous pouvons alors nous demander s’il n’y a pas tout intérêt à maintenir l’autre en situation de précarité. D’une part, il cautionne une appréhension religieuse et judéo-chrétienne du travail social. D’autre part, il légitime les politiques publiques.

Ainsi alternant du « je » au « nous », le travailleur social agissant avec des familles tsiganes (souvent en situation de grande précarité) peut voir en eux le parfait instrument d’une logique dénaturé, dégingandée mais encore très efficiente.

Plus globalement, si j’admets que cet autre stigmatisé, exclu puisse avancer, exister, je quitte alors la sphère de la stigmatisation pour entrer dans celle de l’interaction et de l’échange au sein de laquelle l’autre devient être humain à part entière, susceptible de remettre en cause mes façons de pratiquer, d’exercer et de faire évoluer mon mode de penser.

Or, et cela n’est pas une nouveauté, notre société s’arrange souvent avec ses vérités préférant penser que les stigmatisés et les exclus ne peuvent symboliser la clairvoyance.

Comme l’écrit Béatrice Mésini, dans La Résistance à l’exclusion, Récits de soi et du Monde
21 : « Les exclus sont ceux que la société ne prend pas en considération parce qu’ils sont porteurs d’une altérité menaçante et reléguée, parce qu’ils incarnent la déviance face à la normalité fondatrice de l’ordre social. Figures inversées, ils servent de repoussoir et d’exutoire à une société qui stigmatise ou intègre ses marges…qui définit la place des individus dans le champ central ou a sa périphérie. Comment « être »…lorsque l’on est culturellement dominé ? La démarche nous renvoie comme un miroir, les marges d’une société moderne qui érige en devoir d’intégration tout ses membres22 »

En somme accepter cette altérité menaçante à part entière, comme « être » à part entière serait risquer de voir la périphérie devenir le centre, risquer d’altérer les fondements mêmes d’une vision normée et normative.

Cette crainte se justifie d’autant plus lorsqu’il s’agit de « La communauté Tsigane ». La mélopée évoque, en effet, élogieusement et illusoirement la « Cohésion familiale, la solidarité et l’intergénérationnalité ».
Ne risque t-on pas dés lors, à trop cheminer vers l’altérité de remettre en cause les fondements d’une société dont sécurité, performance et individualisme sont devenus les maîtres mots au détriment d’une autre forme d’humanité ?


1 Tsiganes est le terme générique désignant les populations roms, manouches, gitanes et yéniches.
2 J-P BONAFE SCHMITT, « Polysémie ou polémique ? La médiation aux milles visages », Revue Territoires, « Médiateurs sociaux, judiciaires, culturels, scolaires…Symptômes d’une société autiste ? », novembre 2001, n°422, p.6, pp. 5-8. Jean Pierre Bonafé Schimtt écrit : « Selon notre conception, le médiateur peut-être défini comme un tiers impartial et indépendant…dans le sens ou son action repose sur un agir communicationnel…Ce type de projet vise, à travers le processus de médiation, à re-permettre aux personnes de se construire comme acteur, de promouvoir une capacité d’action, une autonomie dans la gestion de leurs conflits et plus largement de leurs relations sociales».
3 J.BRUN, « Accueil et habitat : un besoin de médiation opérationnelle », dans Etudes Tsiganes, « Les virtualités de la loi Besson : l’habitat saisi par le droit », novembre 2001, Vol 15, p.116, pp. 116-118.
4 J-P BONAFE SCHMITT,
op. cit
5 Dans l’exemple qui nous occupe, il s’agissait de contribuer à l’interaction entre Tsiganes et non Tsiganes.
6 Il est, en effet, à constater que la majorité des travailleurs sociaux travaillant avec les Tsiganes sont curieusement des femmes.
7 P.BOURDIEU, La domination masculine, édit. Seuil, Coll. Liber, St Amand-Montrond, 1998, PP.142
8 P.BOURDIEU, opus. cit , p. 100.
9 A l’initiative de la Mission Locale du Delta a été mis en ouvre, avec des jeunes gitans résidant en caravane dans l’un des quartiers de la ville, un atelier de lutte contre l’illettrisme utilisant la vidéo comme outil d’apprentissage et ayant pour objectif la réalisation de deux courts-métrages. A l’issu de deux années d’ateliers deux courts-métrages ont pu être réalisé, l’un s’intitulant « Paroles de Gitans » et l’autre « Gitans d’Arles ».
10 E.GOFFMAN, Stigmate, les usages sociaux des handicaps, édit. de Minuit, coll. Le sens commun, Paris, 1996, pp 175.
11
E.GOFFMAN, op. cit, p. 13.
12 E.GOFFMAN, op. cit, p. 14.
13 E.GOFFMAN, op. cit, p. 15.
14 WILLIAMS Patrick, “Les couleurs de l’invisible : Tsiganes dans la banlieue parisienne”, in GUTWIRTH Jacques et PETONNET Collette, Chemin de la Ville, Paris, édit. CTHS, 1987, p. 53.
15 E.GOFFMAN, op. cit, p. 42.
16 D. SIBONY, op. cit, p. 58.
17 N. BLANCHARD, « le territoire et l’action sociale : une longue histoire », dans revue Forum, « Travail social et territoire », Paris, n°104, Mars 2004, p.4
18 A.de SWAAN, « Sous l’aide protectrice de l’Etat », édit. PUF, Paris, 1995, p. 37.
19 Bilan critique des études et documents concernant les gens du voyage, GREM, Rapport du ministère de l’équipement, du Transport et du Logement, Plan urbanisme Construction Architecture, avril 2003, p. 34.
20 Nathalie Sorita, Idem, p.28.
21 B.MESINI, « La résistance à l’exclusion. Dynamiques spatiales, sociales et culturelles des appartenances » dans B.MESINI, J-N PELEN avec la collaboration de J.GUILHAUMOU, La résistance à l’exclusion. Récits de soi et du Monde (Marseille et vallée du Tarn), Rapport pour la Mission du Patrimoine Ethnologique, Ministère de la Culture et de la Communication, MMSH, URM TELEMME, Aix en Provence, octobre 1999, pp.483-543.
22 B.MESINI, Idem, pp. 483-484.



 

Les sorties culturelles du Foyer
Ce texte a été publié dans la revue du foyer de Grenelle


A Paris, l’offre culturelle est vaste, variée, permanente ; Il suffit de consulter L’Officiel des spectacles pour le constater. Mais un français sur cinq seulement bénéficie de cette offre culturelle, et des enfants ne sont jamais allés au cinéma ou au cirque, des adultes n’ont jamais vu une pièce de théâtre ou de concert.

Certes, la télévision permet aujourd’hui d’accéder à un grand nombre d’évènements, et en cela elle concourt à établir une forme d’égalité. Mais un film vu sur le petit écran de la télé, encore réduit par les bandes noires et haché par des interruptions publicitaires, ne provoque pas les mêmes émotions que le même film vu au cinéma sur un écran panoramique, en dolby stéréo et dans une salle sombre. Et c’est bien de cela dont il s’agit : lire la suite

Le C.A.S.H. et Cultures du Cœur
Centre d’accueil et soins hospitaliers de Nanterre (C.A.S.H.)


L’expérience menée par Michèle Chang au Cash de Nanterre nous a semblé représentative d’un projet culturelle unique conçus avec les publiques les plus divers. Tout en relayant l’action de Cultures du Cœur Michèle Chang s’est régulièrement entourée d’artistes pour intégrer à des projets les plus ambitieux les publics du cash. Cet exemple confirme que même dans des situations extrêmement difficiles il est possible d’utiliser la culture comme un moyen de valorisation et de reconstruction.

Les origines du C.A.S.H. remontent à la maison de répression de Nanterre, crée en janvier 1873 pour extirper la mendicité, considérée comme un délit jusqu’en 1992.  lire la suite

Le théâtre comme tentative d’accession à sa liberté intérieure
Exemple d’un atelier mené par Nicole Charpail auprès de détenus


« Créer un acteur en se déplaçant de 1m50 de sa chaise de public, être un personnage tandis qu’on ne dispose ni de costume ni même encore de texte, créer une scène théâtrale – espace sacré- dans une fosse équivalente à deux cellules, se concentrer sur ce genre d’objectif tandis qu’on est obnubilé par la vitre d’où la pénitentiaire z’yeute (au demeurant bien moins souvent qu’on y z’yeute soi-même) ne se fait pas en claquant des doigts. Cette bizarrerie ne nous est apparue qu’à cause d’un nombre considérable de consignes de jeu auxquelles il fallait répondre à chaque fois qu’on avait le moindre truc dire. Y compris quand on avait rien à dire d’ailleurs.  lire la suite

 

Consultez ces documents audio, de certains de nos intervenants, enregistrés lors de nos modules de formation.


Hélène CAUBEL
La compréhension des oeuvres et le plaisir
La médiation culturelle des trocs
Une définition du médiateur
1 exemple de médiation : Jean Villar
 Ecoutez

Marie-Claude NOIRAN
Une définition de la médiation culturelle
Méthodologie d'un projet de médiation culturelle
Médiation culturelle et rapport à la société
Méthodologie : un travail d'équipe
Médiation culturelle / travail sur la sensibilité
1 outil de la médiation culturelle : la connaissance de l'autre
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Michèle P
ROTOYERIDES
Pourquoi la culture
Méthodologie et objectifs de la médiation culturelle
1 clef : préciser où on se situe en tant que médiateur culturel
La culture : un besoin fondamental
 Ecoutez

L’expérience de Mains d’Œuvres
Hélène CAUBEL


Mains d’Œuvres est un lieu dédié à l’invention artistique, culturelle et sociale. Il est situé en périphérie de Paris, à Saint-Ouen, ville marquée par l’histoire industrielle. Mains d’Œuvres a officiellement ouvert ses portes en janvier 2001 dans l’ancien centre social et sportif de l’équipementier automobile Valeo, vide depuis plus de sept ans.

Nous entamons donc notre quatrième année de fonctionnement mais nous nous inscrivons dans la lignée d’un mouvement qui a une vingtaine d’années et qui ne cesse de s’amplifier ; mouvement qui consistait initialement en la réhabilitation de friches industrielles ou militaires en lieu dédié à la culture.  lire la suite