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Recherches sur la culture
Yvon Laplante s'attaque à
l'exclusion culturelle
Yvon
Laplante, professeur et directeur du Module de communication sociale.
La plupart des gens pensent que la culture
est acquise et facilement accessible pour l'ensemble des citoyens, et
que la participation ou non aux activités culturelles relève d'un
choix personnel. Cependant, pour Yvon Laplante, professeur et
directeur du Module de communication sociale de l'Université du Québec
à Trois-Rivières, la réalité est tout autre. L'exclusion culturelle,
au même titre que l'exclusion sociale, est un phénomène bien présent
dans notre société contemporaine, où l'offre de culture passe par une
idéologie purement libérale. Regard sur une problématique encore
méconnue.
Impliqué depuis plus de 20 ans dans
l'organisation et la production de spectacles et d'événements
artistiques, Yvon Laplante connaît bien le milieu culturel, d'autant
plus que ses thématiques de recherche actuelles abordent le
développement culturel en lien avec ceux qu'il nomme les «exclus» du
champ de la consommation des arts. Au fil des ans, à travers son
implication et ses recherches, le professeur de l'UQTR a remarqué
qu'une très grande majorité de personnes ne fréquentent pas les
activités culturelles. «Lorsque se pose une question à savoir, par
exemple, pourquoi les gens ne viennent pas aux spectacles, la tendance
à se rabattre sur les préjugés existants pour y répondre est
généralisée, d'autant plus qu'il n'y a pas d'études ou de recherches
faites sur le sujet», soutient M. Laplante. Parmi ces préjugés qu'il
qualifie de «libéralistes», le chercheur mentionne que les gens à
faible revenu ou qui sont peu instruits fréquentent peu ou ne
fréquentent tout simplement pas les activités culturelles.
«L'industrie culturelle devrait sortir de la logique marchande et
arrêter de traiter les gens comme des clients. L'essence de l'œuvre,
c'est de créer un lien entre deux personnes.»
D'ailleurs,
suite à l'adoption de la Politique culturelle du Québec en 1992 et
pour tenter de contrer ce phénomène toujours bien présent de
l'exclusion culturelle, la Ville de Trois-Rivières a décidé de mettre
sur pied un projet visant à prioriser l'accessibilité des citoyens aux
arts et à la culture. Ainsi, plusieurs promoteurs de spectacles et
d'événements culturels ont notamment offert des billets et des entrées
gratuites aux personnes à faible revenu, sans grand succès toutefois.
«Les gens ne veulent tout simplement pas être étiquetés», note le
professeur en communication sociale. Celui-ci, qui travaille en
étroite collaboration avec la Corporation de développement culturel de
Trois-Rivières, remarque cependant que les fêtes de quartier où,
souvent, plusieurs artistes présentent divers types de performances
scéniques, attirent un grand nombre de gens qui ne fréquentent
habituellement pas les autres activités culturelles. Pour Yvon
Laplante, cela s'explique par le fait que les personnes «se retrouvent
dans un univers connu qu'ils participent, dans leur vie quotidienne, à
structurer.»
Pourtant, en 2002, dans le cadre de ses recherches, le professeur
Laplante, accompagné d'un de ses étudiants de l'époque, Jason
Luckerhoff, a mené une étude empirique afin de comprendre cette
inculture présente au sein d'une grande partie de la population
provenant majoritairement des premiers quartiers. «Les gens nous
disaient qu'ils aimeraient aller voir des spectacles à la salle
J.-Antonio-Thompson, mais qu'ils avaient peur de ne pas être à leur
place», affirme le sémiologue, avant d'ajouter que «cela n'a rien à
voir avec la problématique de l'accès dû au revenu ou à l'éducation,
mais davantage avec la problématique de la fragmentation du lien
social.» Ainsi, plusieurs personnes ne se sentent tout simplement pas
à leur place malgré leur intérêt pour la culture, ce qui constitue une
forme de blocage pour celles-ci lorsqu'elles veulent participer à
divers événements culturels.
Une
problématique de fond
Selon le professeur, la problématique de l'exclusion culturelle ne
réside pas seulement dans l'accessibilité aux arts, ce dernier aspect
n'étant que la pointe de l'iceberg. En effet, tout le système que les
promoteurs s'affairent à mettre en œuvre autour des événements
culturels ne fait qu'en accentuer l'aspect élitiste. «Si les
organisateurs envoient constamment le message, parfois inconsciemment,
que pour entrer dans un musée, il faut se présenter en tenue sobre,
les gens simples qui s'habillent en bermudas ne seront pas portés à y
aller», explique M. Laplante.
Ainsi, comme le souligne le chercheur, qui a exposé ses propos maintes
fois lors de divers colloques, dont celui sur la Pauvreté et
l'exclusion culturelle tenu à Trois-Rivières en 2002, «l'industrie
culturelle devrait sortir de la logique marchande et arrêter de
traiter les gens comme des clients. L'essence de l'œuvre, c'est de
créer un lien entre deux personnes. Un non-initié peut désirer
fréquenter un musée pour la beauté des œuvres et parce que celles-ci
donnent un sens particulier à sa vie, au même titre qu'un sémiologue
le fait pour analyser les œuvres.» Selon ce principe, les promoteurs
d'expositions ou d'événements culturels aussi bien que les artistes ne
devraient pas perdre de vue la diversité de gens qui s'intéressent à
la culture ainsi que le fondement même de ce pourquoi l'art existe.
Revoir nos politiques culturelles
Est-ce illusoire de croire que la culture puisse
devenir un facteur de citoyenneté sans égard aux conditions
économiques et sociales des personnes? « Si je pensais que c'est
impossible, j'arrêterais tout de suite, lance sans hésiter Yvon Laplante. L'objectif, c'est de toujours diminuer l'écart entre les
exclus et les participants. » Pour le professeur, la thèse du
libéralisme est fataliste puisqu'elle évoque un mode de pensée qui
accentue ce fossé entre classes sociales: « l'exclusion est une
fatalité du système de l'offre et de la demande. »
Toutefois, Yvon Laplante se refuse de poser un
regard cynique sur l'exclusion culturelle; il affirme cependant qu'il
faudra revoir le fondement même de nos politiques culturelles. « Il
s'agit d'abord et avant tout de déposséder nos politiques culturelles
du seul et unique présupposé libéral, soutient le chercheur. La
culture ne devrait pas être un produit comme les autres et le public,
lui, ne devrait pas être vu comme une masse de consommateurs. Le
public n'a pas un seul objectif de spectateur; ce dernier participe
activement à un concert puisque sa relation avec l'artiste donne du
sens à son existence. »
Aussi, en ce qui concerne les travailleurs
culturels, peu importe qu'ils soient libraires, organisateurs de
spectacles ou administrateurs de musée, Yvon Laplante se fait plus
catégorique. Selon lui, ceux-ci «devraient arrêter de faire des plans
de marketing puisqu'il s'agit en réalité de plans d'exclusion qui ont
comme objectif de tenir à l'écart un certain type de gens. Au
contraire, souligne-t-il, les travailleurs culturels devraient
multiplier les messages pour joindre le plus de gens possible et
adopter des stratégies de discours visant à rassembler toute sorte de
monde.»
L'importance de lutter contre l'exclusion
culturelle
Pour une société comme la nôtre,
l'importance de lutter contre l'exclusion culturelle est un facteur
primordial afin d'assurer une meilleure cohésion au sein de celle-ci.
«C'est impossible d'avoir une société cultivée sans participation
citoyenne totale, et c'est par la culture que nous donnons un sens
commun à notre société, conclut Yvon Laplante. Les activités
culturelles sont des façons personnelles de rendre nos valeurs et nos
idéaux de société, et chacun doit pouvoir y participer activement et
inconditionnellement.»
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Conséquences esthétiques des
pratiques artistiques sur le terrain
de « l’exclusion ».
Il peut arriver que l’attention même
portée au parcours individuel d’une
personne en difficulté d’accès à un
processus de création (difficulté
qui relève fréquemment d’un
difficile accès à sa propre scène
symbolique), que cette attention
donc, passionnément portée à la
personne plutôt qu’à l’urgence d’une
production dite pertinente, entraîne
pour l’artiste qui fait cet
accompagnement, la découverte d’un
paramètre nouveau dans ce qui fonde
notre relation aux processus, et
donc des créations nouvelles. Alors
on peut dire que dans ces cas, les
apparentes difficultés d’une
personne, son apparente inadéquation
au projet sont devenues les jalons
de la création et ceux d’une
proposition qu’elle initie de façon
absolument authentique...
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L’accès au symbolique
« Le théâtre, dans son fondement, propose à la PERSONNE de savoir de
devenir PERSONNAGE en passant par L’ACTEUR. Personnage acteur
personnage, ou le devenir en va et vient de la théâtralité pourrait
ressembler à : travailler au développement de la personne en jeu. En
passant par l’acteur signifie en autre : en passer par l’agir et
surtout en passer par L’ACCES AU SYMBOLIQUE, soit : en passer par le
scène, là où L’ACTE sous le regard des autres prend un sens plus
élargi, dirons-nous pour simplifier. Dans un raccourci magistral et
parfois détonnant, le théâtre de l’Opprimé propose à la personne de
devenir “l’acteur” de sa propre vie ”Il propose donc à l’individu de
travailler au personnage qu’il veut devenir sur la scène de la
réalité, au sujet d’être protagoniste de sa propre histoire et par
voie de conséquence, à“l’opprimé” nous pouvons tous en être –de se
fondre avec L’ARTISTE. Il s’agit donc bien pour cet acteur là d’être
aussi metteur en scène de ses productions. ( …) lire
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